Les entreprises au coeur de l'ecologie

Rose et Oak, 35 ans, Thailandais. Ils ont créé "Rabbit in the moon", une fondation dont l'action originale vise à éduquer, via des activités artistiques, les enfants à la préservation de la forêt .

L'art au service de l'environnement

Nous avons rencontré à Bangkok, Rose et Oak Lee, fondateurs de “Rabbit in the moon”. Créée il y a dix ans, cette fondation vise à protéger les forêts naturelles dont il ne reste plus que 25% en Thaïlande. Partant du constat que la première cause de la destruction de la forêt est l’Homme, la fondation s’attaque à la base du problème en « enseignant » la Nature aux adultes de demain, les enfants.

Pour cela, un angle d’action très original est choisi : comprendre la Nature grâce à des activités artistiques très concrètes et encourager les enfants à trouver des solutions aux problèmes environnementaux grâce à leur imagination. L’idée est exprimée dans le nom « lapin dans la lune » : en Thaïlande, un conte dit aux enfants que s’ils regardent bien, ils verront sur la lune leur grand-mère ou leur grand-père disparus ainsi qu’un petit lapin qui leur tient compagnie. Les enfants y croient et imaginent ce petit lapin, mais lorsqu’ils grandissent, ils comprennent qu’il n’existe pas, sont déçus et n’ont plus recours à leur imagination.

La Fondation souhaite que les enfants travaillent en trois étapes successives :

  • prendre conscience des problèmes environnementaux (grâce aux arts)
  • empêcher de nouveaux problèmes d’apparaître (grâce à leur action)
  • et trouver des solutions pour les réparer (grâce à leur imagination).

L'art pour prendre conscience des problèmes environnementaux

D’après Rose si l’on ne prend pas assez soin de la forêt c’est parce qu’on ne la connaît pas, et que l’on n’a pas appris à l’aimer. Elle veut donc que les enfants regardent la Nature avec un nouvel œil. Pour cela elle a créé les « études de la Nature ». Cet atelier est constitué d’enfants défavorisés d’origine coréenne qui habitent à la frontière birmane et n’ont pas le droit à l’école. Vivant déjà en forêt, ils apprennent à mieux la connaître à travers différentes activités artistiques sur le terrain. Ils l’expérimentent et l’apprécient grâce à leurs « six sens » (la créativité étant le sixième selon Oak).

Les enfants sont, par exemple, amenés en forêt en portant des lunettes de ski colorées et marchent ainsi pendant une trentaine de minutes. Puis ils enlèvent leurs lunettes et découvrent à quel point la Nature est belle si on la regarde bien. Le même exercice peut être fait avec une feuille de papier trouée en son milieu. Les enfants regardent pendant un certain temps à travers ce trou avant « d’agrandir leur regard ». Ils doivent aussi ramasser cinq feuilles de couleurs différentes. Collées sur un cadre à cinq cases elle formeront un tableau et les enfants observeront la lumière du soleil passer à travers elles. Un autre exercice consiste à ramasser des feuilles de tailles différentes qui seront empilées de la plus grande à la plus petite.

Ces exercices permettent d’observer les différentes formes de feuilles qui existent. Leur travail est ensuite mis en valeur grâce à une exposition qui présente les travaux. Les enfants sont très fiers d’avoir pu produire une œuvre artistique et cela grâce à la Nature. Cette approche originale nous a séduit car elle permet d’apprécier la nature et de la regarder sous un angle nouveau.

Rose et Oak tentent d’inventer des activités qui développent tous les sens. Pour l’ouie, les enfants doivent tracer un rond en pleine forêt, se situer au centre et noter tous les bruits qu’ils perçoivent en indiquant leur position. Ils ne doivent pas écrire « oiseau » mais la traduction la plus proche possible du son qu’ils entendent (« cui-cui »). Ainsi ils se concentrent pour écouter précisément et réalisent que l’ouie humaine est inférieure à celle des animaux… Ils découvrent également la diversité des chants produits par la forêt. Un musicien intervient aussi pour d’autres activités avec des instruments faits en matériaux naturels.

Le toucher est également utilisé. Pendant une quinzaine de minutes les enfants doivent observer, toucher, entourer un arbre afin de reconnaître ensuite « leur arbre » les yeux fermés. Les résultats sont, parait-il, très bons.

L’essentiel dans ces exercices est l’échange qu’ont les enfants avec la forêt, puis entre eux à la fin des activités. Ils sont encouragés à écrire leurs ressentis, notamment en écrivant sur un petit arbre en papier une phrase « pour remercier la Nature » qu’ils suspendront à « leur » arbre.

Agir c'est d'abord empêcher les problèmes écologiques

Suite à cette étape la Fondation a mis en place des « Camps verts ». L’objectif est de former dans chaque province de Thaïlande un « adolescent-relais » qui à son tour entraînera d’autres enfants dans la sauvegarde de l’environnement. Pour l’instant vingt adolescents de 4 provinces, étudiants au lycée, partent cinq fois pendant une semaine en « formations », étalées sur un an. Rose sélectionne ces enfants dans chaque province et mélange des enfants favorisés et défavorisés afin de créer une mixité sociale enrichissante.

Rabbit in the moon en bref

Métier

Education à l'environnement

Spécificité

Faire découvrir la forêt à travers les arts.

Pourquoi Rabbit in the moon est "Coeur Vert" ?

L'éducation à l'environnement est un des défis principal. Dans un payx comme la Thailande l'action de la Fondation est très utile pour préserver le patrimoine existant.

Où contacter Rose?

http://www.rabbitinthemoon.org

Lors du premier camp, les enfants « découvrent » la Nature grâce à plusieurs exercices en forêts. Lors du deuxième camp, ils explorent un milieu naturel différent : l’océan. Le 1 er jour ils vont dans une île quasiment vierge, le 2 e jour dans un village de pêcheurs et observent comment l’Homme et la Nature cohabitent, le 3 e jour dans une ville et observent les différences entre ces trois milieux. Lors du troisième camp les enfants choisissent un « maître de stage » auprès duquel ils vont rester quinze jours. Il s’agit principalement de membres d’ONG environnementales. Lors du quatrième camp, les enfants présentent le « projet vert » qu’ils souhaitent mener à terme dans leur province. Enfin, au cinquième camp, les enfants présentent les résultats de leur projet.

L’année suivante, ils pourront continuer à mener leur projet en tant qu’« ancien de la Fondation » et avoir accès à tout un réseau « d’anciens » avec qui ils peuvent partager de nombreuses expériences. Un site Internet communautaire a ainsi été créé.

Rose et Oak se réjouissent des résultats actuels, les enfants se révélant très intéressés et sensibles aux problèmes environnementaux. Une jeune fille est ainsi rentrée chez elle après le premier camp et a entouré l’arbre qui se trouvait dans son jardin en disant « tu ne devrais pas être ici, tu devrait être dans la forêt »… Mais, insiste Rose, c’est le résultat du travail de toute une équipe : huit anciens enfants des « études de la Nature » sont devenus à leur tour formateurs. De nombreux projets portés par les enfants ont vu le jour dans les provinces, même si Rose a parfois du mal à convaincre parents et professeurs de laisser partir les enfants-élèves cinq semaines par an.

Cela fait 3 ans que Rose et Oak mènent cette expérience et le réseau d’enfants pour la nature s’élargit. Cependant la Fondation rencontre d’importants problèmes de financement. Une chef d’entreprise fait chaque année un don important qui permet de rémunérer les 8 employés de la Fondation. Mais les camps coûtent chers : il faut transporter, loger et nourrir une trentaine de personnes. Rose utilise bien des petits stratagèmes en ayant recours à la solidarité des villageois et en vendant des broderies.

Mais il est dur d’obtenir des dons d’entreprises, ces dernières préférant donner aux nombreuses fondations royales afin de bénéficier de l’image qu’elles procurent. De plus comme l’action de la Fondation dure sur plusieurs années et qu’il n’est pas sûr que chaque enfant réussisse à mener son projet à terme, les entreprises demeurent frileuses. Elles veulent un résultat sûre et à court terme afin de faire leur communication autour de ce projet. Mais Rose ne cédera pas : elle ne veut pas raccourcir, la durée de formation de ces jeunes, le temps est la garantie du succès son action.

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Quelques photos pour illustrer l'article :




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