Les entreprises au coeur de l'ecologie

Gilles Maurer a créé Elefantasia et se bat pour la sauvegarde du symbole du Laos : l’éléphant d’Asie.

Elefantasia sauve l'éléphant du Laos, et démontre son intéret culturel et économique

L’éléphant d’Asie est une espèce menacée qui risque, d’ici 50 ans, de disparaître purement et simplement. Il n’en reste plus que 50 000. Alors qu’autrefois il était présent de l’Irak à la Chine, on ne le trouve plus que de l’Inde au Vietnam, et encore de façon discontinue.

Appelé le « pays au million d’éléphants », le Laos comptait plus de 100 000 éléphants au début du XX ème siècle et n’en recense plus aujourd’hui que 2 000 éléphants dont 560 domestiques. Les causes de cette disparition sont nombreuses : déforestation intensive, mécanisation du travail en forêt, précarisation du travail des cornacs (les éleveurs d’éléphants), etc. Un éléphant a besoin de place pour vivre et se nourrir, or il y a de moins en moins de forêts. Du coup, les éléphants sauvages commencent à vivre sur les terres des villages, créant de graves tensions avec les habitants.

Un enjeu économique et culturel.

Au Laos, l’éléphant a une place bien particulière. Tout d’abord il s’agit du seul animal au monde « domestiqué » depuis plus de 4 000 ans (pour l’abattage de forêts) sans pour autant avoir subi de croisement génétique (contrairement à la plupart des races animalières utilisées pour l’élevage ou pour l’agriculture). C’est un animal qui a accompagné l’Homme depuis le début de ses origines et un savoir-faire, d’élevage et de soins notamment, se transmet de père en fils dans les familles de cornacs.

Occupant ainsi une place importante dans l’imaginaire collectif, il est redouté et inspire la peur (à cause des éléphants sauvages). Mais il est surtout symbole de puissance, de longévité et de sagesse dans la religion bouddhiste. C’est un animal sacré, vénéré par les laotiens, et symbole de la royauté. Aujourd’hui encore, un homme politique veut associer son image à celui des éléphants. Tous ces points en font un des éléments clés de la culture laotienne. Cependant il est en grave danger d’extinction.

Créée en 2001, Elefantasia se bat pour la sauvegarde de l’éléphant d’Asie. Nous avons rencontré l’un de ses deux fondateurs, Gilles Maurer. Installé au Laos depuis plus de 14 ans, parlant couramment laotien, ce diplômé de gestion est arrivé par hasard au Laos. Après plusieurs emplois variés, il a parcouru le pays avec un éléphant afin d’aider des villages isolés.

Devant la réussite de cette opération il décide de s’investir davantage et crée l’association dont la première grande action est la constitution d’une caravane d’éléphants qui traversa le pays en 2002. L’opération est un succès. Animal médiatique et symbolique, l’éléphant attire de nombreux laotiens, des journalistes et des hommes politiques, contribuant ainsi à une première prise de conscience face à la menace d’extinction. Cet évènement a permis de raviver d’anciennes traditions culturelles et religieuses. Ainsi à la vue des éléphants, de nombreuses personnes s’inclinaient devant ce « roi » du Laos.

Au cours de notre rencontre Gilles Maurer insiste sur le but de son action : elle n’est pas qu’environnementale. Elle est surtout culturelle et économique. D’après lui, l’éléphant fait partie du patrimoine laotien et fait travailler, directement ou indirectement, plus de 10 000 personnes au Laos. L’aspect touristique de l’éléphant est pourtant sous-exploité : 1200 éléphants sont utilisés pour le tourisme en Thaïlande, contre seulement 20 au Laos.

-Afin de prolonger l’élan que la caravane a produit, Elefantasia publie de nombreux livres et documents éducatifs pour enfants. Un festival de l’éléphant se tient depuis 2 ans dans le centre du Laos, où les éléphants sont les plus nombreux. Cette fois-ci, ce sont les laotiens et les touristes étrangers qui vont à la rencontre des éléphants, et non l’inverse. L’effet économique est intéressant car la région qui l’accueille est l’une des plus pauvre du pays et profite ainsi de revenus provenant des très nombreux touristes attirés par le festival.

Sauver l’éléphant domestique.

Elefantasia oriente son action vers la sauvegarde des éléphants domestiques, même si elle reste en contact avec des associations, comme WWF, qui aménagent des solutions pour que Hommes et éléphants sauvages puissent cohabiter.

La problématique des éléphants domestiques au Laos est délicate. Moins nombreux et plus menacés que les éléphants sauvages ils souffrent d’un grave problème de reproduction. Ils ne sont plus que 560 dont 40 femelles en âge de reproduction. Avec actuellement 2 naissances par an contre 10 décès la situation est dramatique. Le faible taux de reproduction s’explique par le manque de femelles (les éléphants mâles, plus efficaces dans l’abattage de bois, sont préférés) et par la fatigue (trop de travail dans les forêts). Cette surexploitation engendre aussi de nombreux décès prématurés.

Favoriser la reproduction

Elefantasia tente de remédier à ce problème en effectuant plusieurs actions, notamment en relâchant des femelles dans la nature afin qu’elles s’accouplent avec des éléphants sauvages

Elefantasia en bref

Métier

Sauvegarde des éléphants du Laos

Spécificité

L'éléphant constitue un vrai enjeu économique pour le pays.

Pourquoi LIRE est "Coeur Vert" ?

Le Laos est un symbole pour le Laos, depuis des milliers d'années. Sa sauvegarde présente des aspects qui vont au-delà de l'enjeu environnemental : il y a l'aspect culturel et l'aspect économique. Sans parler de l'éthique.

Où contacter LIRE ?

http://www.elefantasia.org

-Mais cette solution pose un problème économique. En effet, la femelle doit être relâchée 4 mois dans la forêt. Puis, la gestation dure 22 mois et elle ne travaillera à nouveau que quelques mois après l’accouchement. Au total son « absence » peut durer plus de 2ans et demi alors que l’éléphant représente pour les familles de cornacs la principale source de revenus.

De plus, l’éléphanteau ne pourra abattre du bois qu’au bout de 15 années. Autant dire que peu de personnes « investissent » dans le futur en encourageant les reproductions. Mais cela met en danger la survie de l’espèce.

En conséquence, Elefantasia a eu une astucieuse idée : un système de primes à la naissance. Par naissance, le paysan touchera 200 dollars par mois pendant 6 mois. Cette prime sera, en fait, versée par des organismes touristiques qui accueilleront la mère et l’éléphanteau. Pendant cette période. La mère ne peut travailler en forêt, certes, mais elle peut « promener » des touristes (les femelles, plus douces, sont d’ailleurs très appréciées). En parallèle, l’association tente de développer le tourisme basé sur les éléphants, et travaille beaucoup avec des tours opérateurs locaux.

Mettre en place des soins adaptés

Une autre cause explique la disparition d’éléphants domestiques : la fatigue et le manque de soins. Surexploités ils meurent d’épuisement, ou faute de soins adaptés. En effet, les connaissances médicinales traditionnelles disparaissent peu à peu et des traitements modernes sont utilisés sans connaissances. Au Laos il n’y a pas d’école vétérinaire et donc pas de vétérinaires.

Elefantasia a créé une « unité mobile de vétérinaires ». Celle-ci comporte des vétérinaires laotiens, formés en Thaïlande, pays voisin ayant de nombreux éléphants. L’unité sillonne le Laos afin de soigner les éléphants blessés ou malades, mais elle ne peut pas intervenir en urgence pour un seul éléphant. C’est pour cette raison qu’Elefantasia cherche au maximum à former les paysans eux-mêmes pour les soins « de base ».

Mettre en évidence l’intérêt économique.

Le troisième volet qu’Elefantasia cherche à développer est plus économique. A l’instar d’autres projets Cœur Vert vus précédemment : si l’éléphant d’Asie devient une source de revenus pour les laotiens, alors ce sera la meilleure garantie de sa survie.

Elefantasia a développé des treks à dos d’éléphant en achetant un éléphant qu’elle a confié à une famille de cornacs. Elle souhaite en acquérir davantage dans les années à venir et encourager d’autres structures à proposer des treks à dos d’éléphants. Mais le développement de cette activité doit se faire dans des conditions très strictes en faveur du bien-être des éléphants.

Lorsque l’on évoque les futurs développements, Gilles Maurer nous explique qu’Elefantasia doit surtout pérenniser l’unité mobile de vétérinaires, le festival de l’éléphant, les treks etc. Pour cela, l’association a besoin de davantage de fonds et c’est là le « nerf de la guerre » notamment dans ce pays, probablement le plus pauvre d’Asie : le budget du gouvernement représente environ la moitié de l’aide internationale… Récolter des aides prend un temps considérable et les montants sont peu élevés. 

Pourtant Gilles Maurer estime qu’avec seulement 600 000 dollars l’éléphant d’Asie pourrait être sauvé au Laos. Ce n’est pas un gros montant comparé à certaines actions internationales de grande envergure.

Le problème c’est qu’il est très difficile de capter l’attention des bailleurs de fonds qui n’interviennent que dans l’urgence. L’éléphant d’Asie va-t-il disparaître au Laos dans 50 ans ?

Ce n’est pas urgent, nous avons d’autres priorités, nous verrons cela plus tard…

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