Les entreprises au coeur de l'ecologie

Docteur Satyanarayana, Indien. President de l'ICEF, propose plus de 50 solutions d'entrepreneuriat environnemental impliquant les populations locales.

ICEF, entreprendre environnemental en Inde

C’est durant notre séjour à Delhi que nous avons rencontré l’équipe de l’ICEF (India-Canada Environment Facility). Attirés par un projet de fabrication de « briques vertes », nous étions loin d’imaginer que ce groupe de 9 personnes, dirigé par le Dr Satyanarayana, était à l’origine de plus de 55 types de projets, soit plusieurs milliers de réalisations à travers leurs partenariats dans le pays entier.

Etabli en 1992, et né de l’alliance des gouvernements indien et canadien, l’ICEF a pour but de développer et d’implémenter des projets qui répondent aux priorités de protection environnementale des deux pays. Ces projets peuvent porter sur différents secteurs comme l’énergie, les zones marécageuses, l’éducation à l’environnement, la gestion des ressources naturelles ou encore la qualité des nappes phréatiques…

 

Concrètement, l’ICEF, via son comité de validation, sélectionne les projets sur des critères d’innovation, de reproductibilité et de faisabilité. Cette analyse dure généralement de 3 mois à 1 an environ (leur désormais grande popularité fait qu’ils reçoivent de nombreuses propositions de projets de tout le pays). Puis l’ICEF apporte une aide aux projets sélectionnés. Cette aide est financière mais surtout managériale, via l’apport de compétences techniques et logistiques. En effet, face à un problème concret, l’équipe construit une solution adaptée, la met en place, l’améliore si besoin, puis s’assure de son caractère pérenne.

Des exemples-types de projets Cœur Vert

Voici 2 exemples de projets supportés par l’ICEF :

Projet 1 : « Eclairer des vies avec le soleil »

Dans la région du Ladakh, aux pieds de la chaîne himalayenne, nombreux sont les villages jusqu’auxquels ne parvient ni électricité, ni eau, ni aucun progrès technique … En conséquence, ce sont de nombreux Sherpas, Tamang et Tibétains qui viennent gonfler chaque mois les bidonvilles de Delhi, Calcutta ou Katmandou …

En installant des fours solaires dans ces régions, l’ICEF a permis a plus de 3000 personnes de bénéficier d’électricité, d’eau chaude et parfois même de réfrigérateurs permettant de relancer une mini économie locale. Les habitants payent pour cette construction, à la fois en participant aux travaux (coordonnés par l’ICEF), mais aussi en versant de petits montants pour l’utilisation de ces ressources. Ces « loyers » sont facilement rendus possible grâce a l’économie qui s’est mise en place : vente de fromage de yak (impossible sans réfrigerateur), eco-tourisme (impossible sans électricité et eau chaude), … Des projets similaires vont être menés dans d’autres régions isolées vu le succès de ces premières tentatives …

Projet 2 : « Les Iles plongées au milieu de l’eau salée »

En Inde 80% de l’eau sert à l’agriculture, 15% à l’industrie et 5% aux ménages. Or les 36 îles de l’archipel de Lakshadweep, au large de l’Inde, voient ses 60 000 habitants menacés. En effet, un des problèmes majeurs est le manque d’eau potable et utilisable pour les tâches domestiques. Les réserves d’eau ont été progressivement contaminées par l’intrusion de l’eau salée, à cause d’une sur-utilisation de ces ressources limitées. C’est en 2001 que les instances insulaires ont décidé d’agir et ont reçu le concours de l’ICEF. Après de nombreuses études hydrographiques, il a été décidé de mettre en place, à des endroits stratégiques, des grands bacs imperméables de stockage d’eau potable. Il a été aussi décidé de construire des circuits de récupération des eaux de pluies sur les toits des maisons pour les usages domestiques. Grâce à ses nombreux partenariats, l’ICEF a également pu réaliser les travaux à moindre coûts, en utilisant le plus souvent possible des matériaux locaux et en profitant de la main d’œuvre locale qui a pris conscience de la gravité du problème. Cette activité a eu pour conséquence, grâce à de nouvelles ressources d’eaux potables, de rétablir des conditions de vie correctes sur l'archipel mais aussi de mieux respecter les ressources existantes de par la prise de conscience générale. Ce projet va également être généralisé à plus large échelle.

ICEF en bref

Métier

Accompagnement pour implémentation de projets environnementaux

Spécificité

Fait passer les locaux d'utilisateurs à actionnaires/acteurs de ces solutions.

Pourquoi ICEF est "Coeur Vert" ?

Les projets environnementaux à l'origine permettent une amélioration économique et/ou sociale.
Grande importance de la reproductibilité des solutions.

Où contacter ICEF ?

Notons également le projet qui nous avait amené : les briques vertes. Le procédé de fabrication de ces briques, nouveau pour l’Inde, permet une réduction de 30% de C02 à la fabrication et une meilleure isolation par l’ajout d’isolants naturels. Elles sont fabriquées désormais localement (impliquant des économies immenses en transport, étant donné les distances, et financières car l’essence est très chère en Inde). Le rendement à la fabrication a été amélioré de 25% (1000 briques/jours). Implantés dans 4 états indiens, ces procédés ont été fournis à des entreprises de bâtiments locales qui s’assurent de la promotion de la solution. Chaque entrepreneur devient l’ambassadeur et effectue le marketing tout en bénéficiant de la technologie. L’ICEF estime qu’environ 100 000 logements sont déjà construits avec ces briques.

Ces 3 projets Cœur Vert (parmi une cinquantaine) sont bien la preuve que vouloir protéger l’environnement peut amener à des solutions qui sont aussi compatibles avec développement économique. L’ICEF a fait de cette idée son cœur de métier en s’assurant que chacun des projets écologiques mis en place le soit de manière durable et ce via un business model bien construit et une implication des communautés locales.

>Une personne qui veut bénéficier du système devient actionnaire de celui-ci.

C’est sur ce dernier point que l’ICEF a finit de nous séduire. En effet, il ne s’approprie aucun des projets, mais au contraire les donne « clefs en main » aux locaux. Si la plus grande difficulté que rencontre l’ICEF est bien de convaincre les populations locales de l’utilité de tels projets, il y tire également ses plus grandes satisfactions sur ce que M. Satyanarayana appelle « l’environnemental et social well be ». L'ICEF forme les locaux sur les techniques, permettant la pérennité du système, mais surtout les implique financièrement. Ils deviennent ainsi actionnaires du projet. Cela présente le double avantage de leur donner les compétences tout en les responsabilisant sur l’environnement et le maintien de solutions durables.

Les perspectives de l’ICEF sont encourageantes. Cherchant actuellement à se détacher du Canada pour accéder à un champ d’action plus large et à une échelle multinationale, il essaye même d’entrer dans de nouveaux secteurs comme la santé, etc.

En prime, son directeur nous confiait le nouveau nom tout trouvé de cette société : ICEF – « Indian Center for the Environment and Forest »…

Après avoir rencontré 5 chargés de projets différents, nous sommes repartis chargés de données et impressionnés par la qualité de leurs implications. Si vous avez toujours un doute sur l’idée que protéger l’environnement puisse être source de création de richesses et qu’environnement et économie sont compatibles, nous, nous n’en avons plus le moindre doute ! L’Inde nous a comblé sur ce point là.

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