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Mokshda Pevss , Indien. Afin de préserver les rites ancestraux, tout en protégeant les ressources en bois il propose un système de crémation utilisant peu de bois..

La crémation verte : s’occuper des morts pour assurer la survie des vivants

C’est avec une très grande gentillesse que Vinod Kumar Agarwal, le fondateur de Mokshda, une ONG basée à New Delhi, est venu à notre hôtel pour nous présenter son modèle pour une crémation pro-environnementale, la « Green Cremation System ».

En Inde, s’il est une tradition importante et immuable chez les Hindous (soit 800 millions de personnes ou 85% de la population indienne!), c’est bien la crémation. C’est pourtant le défi que s’est lancé Mr Agarwal d’en réduire son impact environnemental.

Traditionnellement, un bûcher d’environ 1 mètre de haut est érigé. Le corps du défunt est placé en haut et recouvert d’une autre couche de bois. Le corps est brûlé à l’air libre et les cendres sont ensuite jetées dans les eaux sacrées du Gange, ô combien polluées...

L'augmentation de la population est une grande menace pour les fôrets.

Après avoir vu un jour une famille, trop pauvre pour pouvoir acheter suffisamment de bois, jeter au Gange un corps partiellement brûlé, Mr Agarwal a décidé de s’attaquer au cœur du problème : améliorer l’efficacité de la crémation hindoue tout en luttant contre le réchauffement climatique.

En effet, il faut s’avoir qu’une crémation traditionnelle nécessite 400 kilos de bois qui seront brûlés pendant 6 heures. Au total ce sont plus de 50 millions d’arbres qui sont utilisés par an en Inde pour la crémation. Une demi tonne de cendres sont jetées chaque année dans le Gange. La crémation est ainsi à l’origine de l’émission de 8 millions de tonnes de CO2 par an !

 

L’alternative qu’a proposé Mr Agarwal est des plus simples mais aussi des plus efficaces : il

s’agit d’un bûché de la taille d’un homme, posé sur du marbre, avec, sous le bois, une grille en fer qui permet une meilleur aération du feu. Au dessus du bûcher, se trouve un toit avec au milieu une cheminée qui recueille les particules toxiques et qui évite la perte de chaleur. Ce dernier modèle élaboré après 15 ans d’essais ne requiert que 100 kilos de bois (75% de bois en moins) et permet de réduire les émissions de CO2 de 60% !

Une fois ce modèle élaboré, Mr Agarwal a convaincu les autorités religieuses (dont il a obtenu le support) qu’utiliser moins de bois ne va pas à l’encontre des traditions. Contrairement aux systèmes de crémations électriques que le gouvernement a essayé de mettre en place, la « Green Cremation system » permet en effet de respecter tous les rites

Mokshda en bref

Métier

Cremation

Spécificité

Préserver les traditions tout en réduisant l'utilisation de bois.

Pourquoi Sulabh est "Coeur Vert" ?

Utilsation de 75% de bois en moins et 60% de C0² en moins dans l'atmosphère.

Où contacter Mokshda ?

hindous. Le bois, matière symbolique qui permet la connexion entre le corps et la terre, est bien toujours présent. Les familles peuvent toujours accomplir le rite du « mukhagani » (allumer un feu dans la bouche du mort) et du « kapal kriya » (casser un bambou sur le squelette du mort pour libérer son âme).

De plus ce système permet de faire face à un autre problème que connaît l’Inde, à la fois économique et environnemental : le manque de bois. En 2005, il y a eu une telle crise que des cadavres attendaient d’être brûlés. Le prix du bois a été multiplié par 5 en 5 ans ! Ce problème s’ajoute à celui de la démographie croissante de l’Inde…

Une solution environnementale qui respecte les rites ancestraux.

Grâce à des fonds et au soutien d’autorités publiques, Mr Agarwal a réussi a installer en Inde 42 unités de « Green Cremation system » dont chacune coûte environ 30 000 $. Son modèle a aujourd’hui un potentiel énorme de développement car Mr Agarwal a recensé plus de 800 crematoriums qui se sont montrés intéressés par son projet, dont 350 rien qu’à Delhi.

Mais si d’autres rituels hindous, tels que le mariage ou la façon de s’habiller et de se nourrir en Inde ont évoluées, celui de la mort, à la fois le plus tabou et le plus impressionnant, demeure le plus dur à changer. C’est pour cela que le nouveau défi de Mr Agarwal consiste à rendre le « Green Cremation system » éligible sous le système de crédits établis par le Protocole de Kyoto. Cela permettrait à des investisseurs étrangers d’investir dans son projet. Mr Agarwal pourrait ainsi proposer son modèle à l’étranger (les communautés hindoues installées au Canada et en Angleterre notamment se montrent très intéressées par son projet). Il pourrait également faire aboutir ses recherches pour un nouveau modèle qui n’utiliserait que 70 kilos de bois…

Malgré un sujet qui peut sembler difficile à aborder, ce projet correspond parfaitement à l’esprit Cœur Vert : c’est une alternative concrète, reproductible et adaptée à l’économie Indienne qui permet de bien mieux protéger l’environnement tout en respectant parfaitement les traditions hindous.

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