Les entreprises au coeur de l'ecologie

Laura Colbert, Wu Jing et Zhu Xiaonoung, américaine et chinoises. Au sein d'eandco Chine ces femmes font de la finance le meilleur allier des énergies propres.

Eandco investit dans les energies propres

Mercredi 28 novembre nous avions rendez-vous à Kumming, la capitale du Yunnan au sud-ouest de la Chine, avec Laura Colbert, Wu Jing et Zhu Xiaonoun, trois femmes qui sont à la tête d’E+Co China.

E+Co (prononcez « EandCo ») est à la fois un fond d’investissement et un cabinet de conseil d’origine américaine. Sa particularité ? Il ne finance et ne conseille que les petites et moyennes entreprises qui, dans les pays en voie de développement, proposent des énergies propres, modernes et abordables. E+Co s’est fixé 3 objectifs : favoriser la transition d’énergies fossiles vers des énergies renouvelables, limiter la perte énergétique et faire de la pauvreté énergétique (une majorité de la population ne peut ni se chauffer, ni se nourrir, ni s’éclairer, ou le font au détriment de leur santé) une opportunité pour le développement d’énergies propres.

Fondé en 1997, E+Co voulait révolutionner le monde de l’énergie… tout simplement. Rejetant un système où les seules sources d’énergies proviennent principalement de multinationales pétrolières ou bien d’installations électriques gouvernementales, E+Co transfère le capital investit dans ces énergies vers les énergies renouvelables. Le transfert doit être décentralisé, et le tissu local, via les petites et moyennes entreprises, doit en bénéficier car il possède un potentiel énorme sous-exploité. Face à la frilosité des banques traditionnelles, E+Co prend le risque et prête de l’argent à ces entreprises.

Un fond d'investissement pour les énergies propres !

Cela revient, d’après Laura, à « changer peu, mais souvent, cela peut tout changer ». Cette phrase nous rappelle Muhammad Yunnus et la microfinance… Il s’agit plutôt de « moyenne finance » car les prêts sont de l’ordre de plusieurs milliers de dollars ! Grâce à cet argent l’entrepreneur local peut faire le pas nécessaire pour que son projet réussisse (achat de matériels, etc.). Mais la philosophie demeure proche de celle de la microfinance : E+Co annonce qu’avec 7$ investi, on peut fournir de l’énergie propre à 1 personne, créer un business, réduire les émissions de CO², etc.. Financer les énergies propres combattrait donc les deux problèmes de notre siècle : environnement et pauvreté.

Pour trouver ces « hommes et ces femmes qui veulent fournir de l’énergie à leurs voisins », E+Co a des bureaux dans la majorité des pays en voie de développement. Chacun sélectionne

des projets qui sont présentés au directoire d’E+Co dans le New Jersey (Etats-Unis) qui est composé de « sommités » de la finance tel qu’un grand analyste financier canadien, un expert de Mastercard, etc.… Les « navettes » entre le New Jersey et les bureaux locaux durent de 3 à 12 mois avant que le projet soit sélectionné.

Les critères de sélection sont précis et appliqués de façon uniforme dans le monde : le projet va-t-il utiliser des énergies renouvelables viables économiquement ? En quoi ce projet va-t-il améliorer la vie des gens ? Va-t-il fournir des emplois ? Va-t-il permettre de réduire l’utilisation de ressources fossiles ? Utilise-t-il une technologie appropriée en terme de coût et d’impact environnemental ? L’entreprise porteuse du projet a-t-elle assez d’expérience en terme de management ? A-t-elle suffisamment analysé le marché ? Dépend-elle d’un tiers partenaire ? L’aide d’E+Co sera-t-elle décisive ? L’action de cette entreprise aura-t-elle une influence sur les décideurs politiques ?
Pour collecter les fonds, E+Co ne sollicite pas uniquement des investisseurs qui veulent investir éthique, mais surtout des investisseurs qui veulent leur retour sur investissement. Quoi de mieux pour légitimer les énergies propres que de prouver qu’elles peuvent être rentables ? Fortement liée aux questions énergétiques, la réduction de la pauvreté énergétique et des émissions de CO2 représente aussi un pari sur l’avenir pour un investisseur.

Eandco en bref

Métier

Fond d'investissement

Spécificité

Investir dans les énergies propres et l'efficacité énergétique. Décentraliser l'énergie en s'appuyant sur les petites et moyennes entreprises

Pourquoi Eandco est "Coeur Vert" ?

Eandco est l'exemple même que financer l'environnement peut-être viable, et qu'en favorisant cela on améliore à la fois la situation de la planète, et peut-être les conditions sociales.

Où contacter eandco ?

http://www.eandco.net

Une fois sélectionné, un projet est suivi de près par les bureaux locaux. Tous les 6 mois, l’entrepreneur et le bureau local font un bilan. E+Co fournit alors un suivi régulier et précis, elle valide le « business plan » (les différentes actions que l’entreprise va effectuer lors des prochaines années), et s’assure qu’il est respecté, forme le management si nécessaire, etc. Au bout de 5 ans, l’entreprise doit rembourser son prêt. E+Co est bel et bien un fond d’investissement.

Middlefinance environnementale comme outil pour la planète !

La « middlefinance environnementale » version E+Co aurait déjà touché près de 4 millions de personnes, économisé 210 000 feux de bois, sauvé 55 millions de litres d’eau propre, et injecté 160 millions de dollars dans les énergies propres.

L’action du bureau d’E+Co en Chine est pour l’instant plus modeste, mais permet d’illustrer concrètement la philosophie de cette institution. Créé il y a deux ans, ce bureau a d’ors et déjà financé 6 projets dans des secteurs très différents : micro-hydrolique, biogaz, biomasse, production biologique… La plupart du temps il s’agit d’ingénieurs, et non pas de commerciaux, qui ont mis au point un système innovant mais ils n’ont pas accès à un financement qui leur permettrait de commercialiser leur invention. D’après Laura, l’élément critique du succès d’un projet n’est pas nécessairement l’apport d’argent, mais plutôt de trouver « les hommes et les femmes ». D’où l’intérêt envers les petites et moyennes entreprises.

Comme elle nous le confie un peu plus tard, il est néanmoins difficile de faire bouger les choses en Chine où tout reste encore très centralisé et où le poids de l’administration rend les démarches très longues. De plus, il n’est pas aisé de trouver de nombreux entrepreneurs qui répondent aux critères environnementaux et économiques d’E+Co. L’objectif du bureau d’E+Co China est justement de développer dans les prochaines années un réseau de plus en plus important d’entrepreneurs travaillant dans les énergies renouvelables ou dans l’efficacité énergétiques.

Lorsque nous lui demandons si les Chinois sont sensibilisés à la question du réchauffement climatique, Laura répond sans hésiter que oui, ils en ont bien conscience. Mais ayant été professeur à l’Université de Shanghai, elle a entendu beaucoup de jeunes chinois dirent que, comme ce fut le cas aux Etats-Unis à la fin du 19 ème siècle, la priorité pour la Chine est de se développer économiquement et qu’ensuite il faudra « réparer les dégâts »… Etant donné l’échelle et la vitesse à laquelle se développe la Chine, pays immense aux 1,3 milliard d’habitants, et l’état actuel du changement climatique, la Chine sera-t-elle en mesure « d’effacer » des années de pollution ? Ne sera-t-il pas trop tard ?

La finance, tant décriée jusqu’à présent, pourrait être une alternative au développement effréné (et non durable) que connaît la Chine. Espérons qu’E+Co, notamment en Chine, ne tarde pas trop à prouver que la « finance environnementale » est un bon outil, et la transfère vers d’autres secteurs que l’énergie

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