Les entreprises au coeur de l'ecologie

Alexandro So de Castro , 36 ans, Brésilien. Après une thèse en biologie et plus de 25 années consacrées à la protection de l’environnement, Alex fonde en novembre 2005 l’institut « Ilhas do Brazil ».

Alexandro So de Castro sauve les iles du brésil qui sont aussi importantes que la foret amazonienne

Quand on parle d’écologie et du Brésil, on pense immédiatement à la déforestation de l’Amazonie. Mais le Brésil connaît une autre tragédie: la destruction progressive de ses 8 000 km de côtes et d’îles. Le Brésil en effet les surexploite avec ses compagnies pétrolières (qui extraient de très grandes quantités de pétrole des fonds marins), ses compagnies de pêche industrielle, son industrie immobilière ou encore son tourisme de masse.

L’océan est pourtant l’écosystème le plus fragile de la planète, le réchauffement climatique et la surexploitation le mettant d’autant plus en danger. Dans cet écosystème, les îles ont un rôle un part : ce sont les acteurs les plus « riches » mais aussi les plus menacées. D’une part, elles ont une biodiversité extrêmement variée. Elles sont aussi un « tampon » essentiel entre les continents et l’océan. Sans elles par exemple, le pollen de certaines espèces d’Afrique n’aurait jamais pu arriver en Amérique Latine, passant d’abord sur des îles avant d’atteindre le continent. Il en est de même des oiseaux migrateurs qui s’y reposent, des baleines, etc.
Mais d’autre part les îles sont menacées, plus encore que les côtes, car elles sont « fermées ». Au moindre problème ou déséquilibre, c’est tout l’équilibre de l’île qui est perturbé. De plus, les îles de l’atlantique, après celles du pacifique, sont les premières touchées par le réchauffement climatique. Ainsi déjà certaines espèces ont disparu et certains poissons ont réduit en taille alors que les pêcheurs ne sont pas préparés à de tels changements.

C’est à ce grave problème que s’est attelé Alexandro, 36 ans, biologiste de formation. Il y a 3 ans de cela, le réseau Ashoka (cf article) l’a contacté car il connaissait la bonne réputation de ce chercheur spécialiste de l’océan qui a déjà fait plusieurs expéditions dans l’Antarctique et aux îles Galápagos. Alexandro a tout de suite accepté cette mission et a fondé l’Institut « Ilhas do Brazil » (îles du Brésil). Sa motivation a pour origine son profond respect pour la mer, « cet institut est avant tout un hommage à l’océan » nous explique-t-il. Il cherche aussi à passer UN message : « l’océan appartient à tous, même à un homme pauvre d’une favela, c’est notre richesse à tous ».

Valoriser le savoir des communautés traditionnelles

L’institut s’est installé sur l’île de Catarina, au sud du Brésil. Elle est l’un des derniers endroits du Brésil encore sauvage où l’on peut encore trouver d’importantes communautés de pêcheurs artisanaux.
Le premier objectif que s’est donné l’institut fut de valoriser ces communautés de pêcheurs. Ces pêcheurs détiennent en effet une connaissance inégalée de l’océan. Par exemple les pêcheurs de la plage de Pantano do Sul utilisent la « pêche au vigie » : l’un d’eux se promène sur la plage et peut indiquer les bancs de poissons rien qu’en regardant la mer. De plus les pêcheurs et leurs familles entretiennent un rapport particulier avec l’environnement : ils ont conscience

LEs iles du brésil sont essentielles à notre environnement

qu’ils dépendent entièrement des ressources de l’océan. Enfin ils mènent une vie très simple, en accord avec la Nature. « Dans les villes, nous avons oublié que nous n’avons pas besoin de tant de choses, nous explique Alex, or en regardant vivre ces communautés, nous pouvons retourner à une vie plus simple ce qui, avec le réchauffement climatique, est fondamental ! ».

L’Institut s’attache à faire prendre conscience à ces communautés que leurs valeurs et leur savoir sont une véritable richesse. Pour cela l’équipe d’Alex organise de très nombreuses actions avec les jeunes. « Beaucoup d’entre eux ne veulent pas faire comme leurs pères et devenir pêcheurs, ils ne sont pas pauvres mais n’ont pas de perspectives, ils veulent quitter l’île pour aller s’installer en ville » regrette Maria, l’un des membres de l’Institut, originaire de l’île. Pour qu’ils aiment et connaissent mieux leur île, l’Institut, via son projet « Etoiles de mer », organise des jeux autour de l’environnement, des promenades à thèmes dans l’île ou encore des cours de surf, de kayak ou de plongée. L’essentiel est que ces jeunes se connaissent, apprennent à travailler en équipe et valorisent leur patrimoine.

Ne pas perdre le savoir, un enjeu pour l’environnement.

L’institut organise aussi « l’université libre ». Le principe est simple : mutualiser toutes les connaissances des pêcheurs afin que tous y aient accès et que ce savoir ne se perde pas. L’institut remet des « diplômes » aux pêcheurs car ils « en savent bien plus que de nombreux docteurs mais comme ils n’ont pas de diplômes,

Ilhasdobrasil en bref


Métier

Promouvoir des modes durables de gestion des iles et de la mer, au Brésil.


Spécificité

S'attache à faire comprendre au brésilien que leur patrimoine "maritime" est aussi important que leur patrimoine "amazonien".


Pourquoi IlhasDoBrasil est "Coeur Vert" ?.

Au-delà de son action écologique, IlhasDoBrasil promeut un mode de vie traditionnel qui respecte les savoirs ancestraux.


Où la contacter ?

Si vous voulez en savoir plus sur Alexandro et l'importance des îles.

personne ne les écoute et ils ne prennent pas part aux prises de décision » nous explique Alex. En leur remettant un diplôme, l’institut valorise les connaissances de ces pêcheurs et rappelle au monde universitaire et aux autorités locales qu’ils existent.
Enfin, l’Institut organise un réseau de toutes les îles du Brésil afin de mettre en commun leurs connaissances et leurs avancées, notamment en ce qui concerne la collecte de fonds. L’Institut recherche également les « bons exemples » en matière de gestion des îles. Alex nous cite les îles du Costa Rica, les Galápagos, la Nouvelle-Zélande ou encore Malte mais il n’existe pas UN modèle de référence.
Toutes les actions de l’Institut sont mises en avant lors du Forum « Forum das ilhas », au cours duquel un public très large se réunit (universitaires, associations, membres du gouvernement, etc.). Les personnes de l’île peuvent alors s’exprimer et présenter leur réalité. « Ce forum est très important car les personnes qui prennent les décisions sont coupées de la réalité, le rôle de l’Institut est de les mettre en contact avec les pêcheurs ».

L’importance d’une petite structure pour mieux agir

Alexandro s’est battu pendant 3 ans pour être crédible auprès des nombreux acteurs de la mer et du monde associatif. Un tel objectif n’a pas forcément été propice à la levée de fonds mais c’est un choix assumé : « je préfère agir dans une petite structure car il est plus facile de faire des actions concrètes ». L’institut embauche néanmoins 5 personnes à temps plein et se fait aider par d’autres personnes pour des missions ponctuelles. Alex recherche désormais un « développement durable » de l’Institut en formant des jeunes pour qu’ils montent à leur tour des projets pour le développement de Santa Catarina et de toutes les îles du Brésil.

Mais le fondateur de « Ilhas do Brazil » ne souhaite pas en rester là. D’après lui, la clé pour sauver les îles est de s’adresser à tous les publics. Il élargit ainsi le rôle de l’Institut en s’attaquant cette fois-ci aux entrepreneurs (pêche industrielle, fabrication de planches de surf, tourisme, etc.) via son programme « environnement et responsabilité ». « Toutes ces personnes gagnent énormément grâce à la mer mais ne font rien pour elle, il est temps de changer les esprits ». Il a aussi lancé une initiative assez originale : il a demandé à un ami artiste de dessiner sur des planches de surf des messages écologiques représentant la barrière de corail, les énergies renouvelables ou encore le réchauffement climatique. Ce projet est un grand succès : les jeunes de l’île, de Rio ou de Sao Paulo s’arrachent ces planchent de surf !

Toutes ces initiatives de l’institut « Ilhas do Brazil » sont essentielles pour le Brésil dont 80% de la population vit sur la côte ou sur une île et dont le gouvernement ne semble agir que pour la forêt amazonienne…

 

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Une vidéo pour en savoir plus :

Quelques photos pour illustrer l'article :




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